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Troubles sexuels féminins : ce n’est pas une fatalité !

Troubles sexuels féminins : ce n’est pas une fatalité !

Kiné, lipofilling, laser… les solutions face aux pathologies liées à la ménopause.

 

Entre médicaments érectiles, crèmes, injections et dernièrement implants péniens, l’impuissance masculine et la panne sexuelle se soignent bien. En deux décennies, la liste des traitements pour les faiblesses viriles s’est allongée. En revanche, pour les troubles sexuels de la femme, cette révolution médicale a pris du retard. Sécheresse vaginale, atrophie du vagin, hyperlaxité des muscles du vagin, douleurs pendant les rapports, les femmes continuent à souffrir de ces pathologies qui les empêchent d’avoir une vie sexuelle confortable.  » C’est encore un sujet tabou, pourtant il y a une vraie souffrance, rapporte le Dr Brice Gurriet, gynécologue-obstétricien à la clinique Bouchard à Marseille.  » On a longtemps ignoré leurs plaintes, pourtant elles sont recevables. »

 

Dans la majorité des cas, les troubles apparaissent à la ménopause.  » La sécheresse vaginale et l’atrophie sont des pathologies très fréquentes à la cinquantaine. Elles sont liées à la chute du taux d’œstrogènes et, en l’absence de cette hormone, la muqueuse du vagin s’amincit. Certaines pilules peuvent avoir le même effet, chez les femmes plus jeunes. On rencontre également ce genre de situation chez les personnes traitées pour le diabète, sous chimiothérapie ou ayant eu un cancer du sein. » Pour ces pathologies, le traitement classique est l’utilisation d’œstrogènes locaux (par voie vaginale) ou d’autres crèmes.

 

L’incontinence urinaire d’effort est aussi citée comme source d’inconfort. « Pour cette pathologie, la kinésithérapie est systématiquement indiquée quand on a éliminé les causes plus graves. Cela marche bien et elle est à réitérer à chaque récidive. Il ne faut pas hésiter. Sinon, il y a la chirurgie, précise le spécialiste. Entre les deux, il n’existait aucune solution jusqu’à récemment. Ce n’est pas acceptable de continuer à voir des publicités vantant la vie merveilleuse des femmes qui portent des protections ! Les femmes ne doivent plus prendre ces désagréments comme une fatalité. »

 

La médecine esthétique au secours des problèmes intimes

La solution pourrait venir de nouveaux dispositifs déjà utilisés par la médecine esthétique. « Les deux mondes sont en train de se rapprocher, explique le docteur Marinetti, chirurgien plasticien à la clinique Phénicia à Marseille. « De plus en plus, les patients souhaitent qu’on leur propose une « soft therapy », une chirurgie sans bistouri, ni douleur. »

 

C’est le cas de l’acide hyaluronique, comme le confirme Jean-Philippe Estrade, gynécologue-obstétricien à la clinique Bouchard. « Cette molécule qui a montré son efficacité en chirurgie esthétique, et plus récemment en dermatologie et en rhumatologie, est désormais proposée contre la sécheresse et l’atrophie du vagin. Pratiquée sous anesthésie locale, elle a une action de régénération donc un effet hydratant. »

 

Une autre technique issue de la médecine esthétique est exploitée dans les troubles sexuels de la femme. Il s’agit du lipofilling. « Ce principe, déjà utilisé pour les cicatrices du sein, est une solution dans le traitement du relâchement vaginal, souvent dû à un affaiblissement du périnée, explique le Dr Estrade. Le lipofilling consiste à injecter des cellules graisseuses dans le tissu pour permettre d’améliorer la qualité de la muqueuse vaginale de façon naturelle. Il n’existe aucun risque de rejet ou d’effets secondaires mais cela reste une intervention chirurgicale. » Les cicatrices obstétricales peuvent également être très invalidantes.

 

« Parfois la qualité de vie pour une patiente, c’est de ne pas opérer ou réopérer une cicatrice existante. Aujourd’hui, avant d’avoir recours à une chirurgie invasive, on peut également proposer le lipofilling comme la solution alternative pour traiter les cicatrices obstétricales (épisiotomies) douloureuses. »

 

Le laser, nouvelle piste ?

La prise en charge des troubles sexuels chez la femme par le laser est une piste qui commence à être exploitée. « La Grèce et l’Espagne sont pionnières dans ces nouvelles techniques, reprend le Dr Gurriet. En France, on est très en retard. Pourtant, les résultats obtenus avec le laser CO2 fractionné développé uniquement pour la gynécologie sont au rendez-vous.« 

 

Cette technique, utilisée pour le relâchement vaginal et l’atrophie, consiste à envoyer un rayon laser sur la paroi du vagin. Le laser a un effet thermique qui stimule entre autres la production de collagène, redonnant ainsi une hydratation suffisante à la muqueuse. « Les séances de laser se font en cabinet et non au bloc opératoire, explique le gynécologue. La méthode ne nécessite aucune préparation, ni anesthésie. C’est totalement indolore. Au pire, les patientes ont une sensation de picotement ou de chaleur. La séance dure 10 à 15minutes. Elle est à renouveler un mois après. Et, il est recommandé d’éviter les rapports sexuels pendant une semaine. »

 

Concernant les problèmes urinaires, les séances de laser sont aussi proposées. « Les premiers résultats montrent une amélioration, mais on n’a pas assez de recul. On a différents protocoles adaptés à chaque indication. La seule contre-indication, c’est le bon sens. » Et son coût, puisque le soin n’est pas remboursé, et il faut compter 400 euros environ la séance.

 

© La Provence – 27-02-17 – Par Florence COTTIN

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