27 JUIN 18 0 commentaire
L’incontinence urinaire chez la femme : une fatalité ?

L’incontinence urinaire chez la femme : une fatalité ?

Par le Dr Jean-Philippe Estrade, gynécologue, Clinique Bouchard à Marseille.

 

L’incontinence urinaire féminine ou « fuites urinaires » touche actuellement en France 1,5 à 2 millions de femmes dont 500 000 sévèrement atteintes. Pourtant des solutions non médicales, médicales, et chirurgicales existent et apportent une nette amélioration de la qualité de vie des femmes à tous les âges. Une incontinence urinaire peut apparaître pendant la grossesse dans 30 à 50% des cas, persister quelques mois et bien souvent disparaître à l’aide de la rééducation. Cependant, par la modification des tissus pendant la grossesse et l’accouchement, une incontinence urinaire peut réapparaître quelques années après et, notamment, en cas de grossesse ultérieure.

 

La grossesse est l’élément principal pouvant déstabiliser la fonction du périnée de la femme. Même en cas de césarienne, il a été démontré que le taux d’incontinence urinaire pouvait être le même, probablement par le phénomène de pression du mobile fœtal des derniers mois sur le système nerveux commandant l’appareil urinaire pelvien. Aussi, il ne s’agit pas d’une fatalité, plusieurs mesures doivent améliorer la démocratisation des méthodes thérapeutiques pour aider les femmes à reprendre une vie normale sans handicap quotidien, socioprofessionnel, sportif et sexuel. Une des premières mesures est d’informer les femmes enceintes sur la probabilité de ce symptôme avant et après l’accouchement, les inciter en parler.

 

Il existe effectivement plusieurs types d’incontinence urinaire: la plus typique l’incontinence urinaire d’effort (toux, rire, rapports sexuels) ; souvent secondaire à une altération des tissus du périnée et de son innervation (accouchement, intervention chirurgicale, sport intensif, obésité, tabagisme et toux chronique) et l’incontinence urinaire par urgenturie (urgence, impériosité mictionnelle) secondaire à une activité important du muscle de la vessie (détrusor) en relation soit à un comportement d’évitement de l’incontinence urinaire d’effort, soit à une pathologie pelvienne complexe.

 

Le premier pas vers le traitement est bien sûr d’en parler, le médecin doit susciter l’expression par quelques questions qui doivent libérer la parole. Vient ensuite la caractérisation de cette incontinence urinaire par l’interrogatoire, un calendrier mictionnel (planning de la fréquence et du volume de la miction dans la journée) l’examen clinique et l’impact sur la qualité de vie de la patiente. Les moyens thérapeutiques sont très vastes: rééducation périnéale, réduction des facteurs de risque, traitement médicamenteux, chirurgie mini invasive, sphincter artificiel. Le choix dépendra du type d’incontinence et du choix de la patiente. D’autres moyens non encore clairement admis dans la communauté scientifique peuvent montrer de bons résultats : pilates et yoga, laser vaginal, luminothérapie par LED, injection d’acide hyaluronique. Ces méthodes rechercheront une voie moins intrusive pour ce symptôme très intime. 

 

 

Au final, il n’ y a aucune raison de ne pas en parler car la majorité des fuites urinaires sont accessibles au traitement et ne sont pas une fatalité. Le rôle du médecin est surtout d’informer pour que la patiente trouve la force d’aller plus loin.

 

 

© La Provence – Lundi 25 Juin 2018


Ajouter un commentaire

Ajouter un message

Ce champ est obligatoire

Ce champ est obligatoire

Ce champ est obligatoire

 

Partager cet article avec un ami

Ce champ est obligatoire

Adresse e-mail invalide

Ce champ est obligatoire

Adresse e-mail invalide

Ce champ est obligatoire

 

Votre message a bien été envoyé.